Appel à la justice pour les victimes de crimes contre l’humanité en Iran et en Syrie

En réponse à l’appel de la Résistance iranienne à la justice pour les 30000 prisonniers politiques massacrés en Iran en 1988, plusieurs témoins de ce génocide, des prisonniers politiques rescapés des prisons du régime, ainsi que de jeunes militants des Moudjahidine du peuple (OMPI) à l’intérieur de l’Iran qui ont réussi récemment à quitter l’enfer du régime des mollahs pour rejoindre ce mouvement, ont présenté leurs témoignages lors d’une conférence tenue le 26 novembre 2016 à Paris intitulée « Appel à la justice, traduction devant la justice des auteurs de crimes contre l’humanité en Iran et en Syrie ».

Dans la conférence tenue à la Maison de Mutualité en présence de Mme Radjavi et de nombreuses personnalités politiques ainsi que des juristes internationaux, l’ampleur qu’a prise le mouvement de demande de justice pour les prisonniers politiques massacrés en Iran en 1988, a été particulièrement remarqué.
La conférence était animée par Mme Sylvie Fassier, maire de Le Pin. L’ancienne sénatrice colombienne et aspirante présidentielle, Ingrid Betancourt, Fatoumata Dembele Diarra, juge du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) et de la Cour pénale internationale (CPI) de 2003 à 2014; le sénateur David Norris, ancien candidat à l’élection présidentielle d’Irlande; Marcin Swiecicki, ancien maire de Varsovie; Sir Geoffery Robertson, Président de la Cour des Nations Unies pour la Sierra Leone; le célèbre juriste, Jelia Sane, avocate internationale, Florence Berthout, maire du 5e arrondissement de Paris, Mgr. Jacques Gaillot, de France; et Tahar Boumedra, ancien chef du bureau des droits de l’homme de l’UNAMI chargé de l’affaire d’Achraf, étaient parmi les orateurs.
Une partie importante du programme a été consacrée à la Syrie et à la situation à Alep. L’ancien premier ministre algérien Sid Ahmed Ghozali, ancien porte-parole du gouvernement jordanien et ministre de l’Information, Saleh Qallab; Haitham Maleh, un dirigeants de l’opposition syrienne et président du Comité juridique de la Coalition syrienne; Michel Kilo, membre du bureau politique de la Coalition nationale de la révolution syrienne et des forces de l’opposition; le magistrat François Colcombet co-fondateur du CFID; Brita Hagi Hasan, président du Conseil municipal d’Alep; Anvar Malek écrivain algérien et président de l’observatoire international des droits de l’Homme et Fadel AbdulGhany, directeur du Centre syrien des droits de l’homme sont intervenus dans cette partie de la conférence.
La Présidente-élue de la Résistance iranienne a déclaré à ce propos : « Cette demande de justice vise les fondements de la dictature religieuse. Il faut que soient rouverts les dossiers concernant les exactions au centre de détention Kahrizak, ceux portant sur les crimes de guerre pendant les huit années de la guerre contre l’Irak, l’exécution systématique de nos compatriotes arabes, baloutchis et kurdes, le massacre par dizaines de nos compatriotes sunnites, la répression de nos compatriotes bahaïs et d’autres minorités religieuses uniquement pour leur foi religieuse, ainsi que les dossiers d’assassinats en série des années 1990. » lire le discours complet
Un certain nombre d’anciens prisonniers politiques et de jeunes militants de l’OMPI qui ont récemment quitté l’Iran ont également assisté à la conférence et ont expliqué leurs expériences et leurs observations sur la répression omniprésente en Iran et les activités de l’OMPI à l’intérieur du pays.
Farideh Goudarzi, l’un des témoins du massacre de 30000 prisonniers politiques en 1988, a vu son époux, sa sœur et son frère exécutés en 1984 et en1988 pour avoir été des sympathisants des Moudjahidine du peuple. Elle a donné naissance à son fils, Iman, en prison et a été sauvagement torturée pendant cinq ans et demi à la prison de Hamedan. Dans son témoignage, elle a affirmé que le mollah Ebrahim Raïssi, alors procureur du « tribunal » de Hamedan et l’un des membres de la « commission de la mort » en 1988, était présent en personne lors des séances de la torture. Aujourd’hui, Raïssi est l’un des plus hautes autorités du régime ; son nom circule même comme un possible successeur du « guide suprême » Ali Khamenei.
Iman Afsahi, 33 ans, étudiant en droit privé, est né en prison en 1983. Fils de Mme Goudarzi, il a été arrêté en 2011 pour ses liens avec les Moudjahidine du peuple et des « activités de propagande contre le régime ». Iman a présenté un récit poignant sur le vécu horrible des enfants nés en prison, l’exécution de son père, Behzad Afsahi, le massacre de prisonniers politiques dont son oncle, Parviz Goudarzi et sa tente, Fariba Goudarzi, en 1988.

Shabnam Madadzadeh, étudiante en troisième année de l’informatique à l’Université Tarbiat-e Mo’alem de Téhéran, a été arrêtée à 21 ans à Téhéran et incarcérée pendant cinq années. Son témoignage a porté sur les tortures physiques et psychologiques qu’ont subies elle et d’autres femmes prisonnières dans les prisons terrifiantes d’Evin, Gohardacht, Ghartchak à Varamine et Kotchouï à Karadj.

Arash Mohammadi, 25 ans, a été arrêté pour la première fois à l’âge de 19 ans, pour ses activités d’information en faveur des Moudjahidine du peuple et transféré aux cellules spéciales du ministère du Renseignement à la Prison d’Evin. Il a été arrêté une deuxième fois en 2012 alors qu’il tentait tout simplement de porter des secours aux victimes du séisme en Azerbaïdjan. Arash parle du cauchemar de l’attente dans les couloirs de la mort des milliers de prisonniers condamnés à mort, les souffrances au quotidien d’enseignants, d’ouvriers, d’étudiants et d’artistes jetés en prison, des enfants forcés à travailler, des coups de fouet infligés aux ouvriers affamés, les ravages de la toxicomanie, ainsi que la colère et la volonté de la jeunesse pour éradiquer l’oppression des mollahs…

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