La Gambie, plongée dans une grave crise née du refus du président sortant Yahya Jammeh de reconnaître sa défaite à l’élection présidentielle, est un petit pays pauvre d’Afrique de l’Ouest dont la jeunesse fuit vers l’Europe.

– Enclavée dans le Sénégal –

Colonie britannique à partir de 1888, la Gambie accède à l’indépendance en 1965 au sein du Commonwealth, avec comme Premier ministre Sir Dawda Jawara. Le pays devient République en 1970, sous la présidence de Jawara, renversé en 1994 par le putsch qui porte Yahya Jammeh (alors âgé de 29 ans) au pouvoir.

Ouvert sur l’Atlantique, le pays est constitué d’une étroite bande de terre s’étirant à l’intérieur du territoire sénégalais le long du fleuve Gambie. Et il est très dépendant de son voisin pour l’acheminement de ses importations.

– ‘Etat de peur’ –

Le pays, peuplé de près de deux millions d’habitants (dont plus de la moitié a moins de 18 ans), fournit un des plus importants contingents de migrants vers l’Europe, poussés par la pauvreté et la répression.

En septembre 2015, Human Rights Watch (HRW) a affirmé que la pauvreté et la répression chassaient de nombreux Gambiens, aggravant la crise des migrants à destination de l’Europe.

Dans un rapport intitulé “Etat de peur”, l’ONG a relaté les exécutions extrajudiciaires, arrestations arbitraires, et disparitions imputées au régime.

Le 25 novembre 2016, Yahya Jammeh a affirmé être le meilleur candidat pour endiguer l’émigration clandestine vers l’Europe. En mai 2015, il imputait aux familles de migrants la responsabilité de la mort de nombre d’entre eux dans des naufrages, assurant que des perspectives d’emploi comparables existaient dans le pays.

– 60% de la population dans la pauvreté –

Selon un rapport de l’ONU sur le développement humain (2014), 60% de la population vit dans la pauvreté, dont le tiers avec moins d’1,25 dollar par jour.

L’agriculture est la première ressource – arachide, millet, maïs, manioc – devant la pêche et le tourisme. Le secteur de l’arachide, jadis premier produit d’exportation, a connu des difficultés ces dernières années.

Malgré de nombreux progrès en termes d’infrastructures (routes, télécommunications, écoles), le bilan économique et social demeure faible. En 2014, le RNB par habitant s’élevait à 460 dollars, selon la Banque mondiale.

Le pays accueille chaque année quelque 50.000 touristes venus essentiellement de Grande-Bretagne et des Pays-Bas, attirés par les plages de sable fin du pays.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *