Bien que réfugié en France, l’ancien directeur du conservatoire d’Alep Fawaz Baker continue de donner des cours à de jeunes Syriens vivant dans un camp à la frontière libanaise, au sein de l’école de musique Action for Hope. Un instrument entre les mains, ces enfants voient la vie et l’avenir autrement.

Des notes de jazz s’élèvent d’une maisonnette posée dans la plaine de la Bekaa, à Bar Elias, l’un des bourgs de cette vallée qui traverse l’est du Liban du nord au sud. A l’intérieur, un réfugié syrien d’une dizaine d’années, emmitouflé dans un anorak bleu, répète une mélodie de Charlie Parker. L’apprenti saxophoniste, qui suit des cours depuis seulement six mois, achève son solo sous les applaudissements d’une dizaine d’autres élèves de cette école de musique destinée aux naufragés de la guerre civile syrienne.
La petite troupe, répartie en demi-cercle, garçons et filles mélangés, entonne ensuite un air du répertoire populaire arabe. Le chœur est accompagné par deux jeunes joueuses de bouzouk (un luth à manche long) et un gamin équipé d’un darbouka (tambour). La vedette de l’ensemble est un chanteur de 11 ans, Khaled, qui a déjà la gestuelle et les mimiques d’un professionnel. « Quand j’ai commencé les cours, au mois de mars, je ne connaissais rien à la musique, raconte le blondinet, originaire de la Ghouta, la banlieue de Damas, haut lieu de la rébellion anti-Assad. Aujourd’hui, lorsque mon père s’en va donner des spectacles dans les mariages, je l’accompagne et je chante avec lui ».

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