Amnesty international appelle à une enquête de l’ONU sur le massacre de 1988 en Iran

Dans un rapport accablant contre les autorités iraniennes, Amnesty international a appelé à une enquête indépendante de l’ONU sur le massacre de 1988 en Iran.

Le rapport de 140 pages cite les noms de de haut-dirigeants du régime accusés d’être impliqués dans le crime contre l’humanité resté impuni. Ils ont été membres des « commissions de la mort » et continuent de mener une campagne « pour nier, déformer la vérité et causer du tort aux familles des victimes. »

Depuis 30 ans, les familles des victimes sont privées du droit d’inhumer leurs proches et de faire leur deuil. Ceux qui osent rechercher la vérité et réclamer justice sont constamment en butte au harcèlement, à l’intimidation, aux arrestations et détentions arbitraires, ainsi qu’à la torture et autres mauvais traitements. La profanation et la destruction de fosses communes sont également sources de grandes souffrances.

Pendant ce temps, les responsables de ces crimes contre l’humanité échappent à la justice et certains ont occupé – et occupent aujourd’hui encore – des postes de pouvoir en Iran. Récemment, lorsque de nouveaux éléments de preuve ont émergé sur cette page de l’histoire iranienne, les massacres ont été célébrés dans le pays et les personnes impliquées saluées comme des héros.

« Les autorités iraniennes doivent cesser leurs attaques cruelles contre les familles et garantir leur droit à la vérité, à la justice et à des réparations : il faut restituer les dépouilles des victimes et identifier les restes en autorisant des exhumations professionnelles de charniers et des analyses ADN », a déclaré Philip Luther.

DE HAUTS RESPONSABLES IMPLIQUÉS DANS LES MASSACRES

La plupart des représentants de l’État ayant participé aux « commissions de la mort » en 1988 ont occupé, et parfois occupent encore, des postes de pouvoir en Iran. En particulier, le rapport compile des éléments prouvant que les fonctionnaires cités ci-dessous ont pris part aux « commissions de la mort » :

 Alireza Avaei, actuel ministre de la Justice en Iran, était procureur général à Dezful, dans la province du Khuzestan, et était chargé de participer à la « commission de la mort » dans cette ville.

 Hossein Ali Nayyeri, qui était juge de la charia (loi islamique) au sein de la « commission de la mort » à Téhéran, dirige aujourd’hui le tribunal supérieur disciplinaire des juges.

 Ebrahim Raisi, procureur général adjoint à Téhéran en 1988 et membre de la « commission de la mort » de Téhéran, s’est présenté à l’élection présidentielle en 2017 et a occupé différentes hautes fonctions, notamment celle de procureur général du pays jusqu’en 2016.

 Mostafa Pour Mohammadi, ministre de la Justice de 2013 à 2017, représentait le ministère du Renseignement au sein de la « commission de la mort » à Téhéran. En août 2016, il a été cité comme s’étant vanté d’avoir joué ce rôle : « Nous sommes fiers d’avoir accompli le commandement de Dieu à l’égard de l’[OMPI] » et a ouvertement déclaré qu’il n’avait « pas perdu le sommeil pendant toutes ces années » au sujet de ces assassinats.

 Mohammad Hossein Ahmadi, qui a participé à la « commission de la mort » dans le Khuzestan, est actuellement membre de l’Assemblée des experts, l’organe constitutionnel chargé de désigner ou de limoger le Guide Suprême iranien.

En août 2016, l’enregistrement audio d’une rencontre remontant à août 1988 a « fuité ». On entend certains hauts responsables de la « commission de la mort » de Téhéran discuter de son atroce mission. En réaction aux remous suscités par cette révélation, les dirigeants iraniens ont ouvertement célébré les événements de 1988, glorifiant la purge et expliquant que les responsables méritaient de recevoir des « médailles d’honneur ».

Ces déclarations s’inscrivent dans une campagne de 30 années de désinformation, qui minimise l’ampleur du massacre et diabolise les victimes, cette « poignée de terroristes ».

« La déformation grotesque de la vérité au sujet de ces crimes de haine, alliée à l’absence évidente de remords chez ceux qui ont du sang sur les mains, est des plus infâmes. Toutes les personnes ayant participé à commettre et dissimuler ces crimes doivent être traduites en justice dans le cadre de procès équitables excluant la peine de mort », a déclaré Philip Luther.

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