Dix jours qui ont ébranlé l’Iran

Depuis le 28 décembre 2017, lorsque la protestation contre les prix élevés a commencé à Mashhad au nord-est de l’Iran, et s’est répandue dans tout le pays, au moins 50 personnes ont été tuées, plusieurs ont été blessées et plusieurs milliers ont été arrêtées.
Les Gardiens de la Révolution (IRGC) ont commencé une fouille de porte à porte dans de nombreuses petites villes, arrêtant ceux identifiés dans les manifestations, terrorisant les gens et les menaçant de ne participer à aucune manifestation.

Des agents de l’IRGC et du ministère des Renseignements (VEVAK) ont également menacé des anciens prisonniers politiques, des familles de membres de l’Organisation iranienne des moudjahidin du peuple (OMPI), et des personnes soupçonnées d’être actives, les forçant à faire une promesse écrite de ne pas participer aux manifestations.
Les responsables du régime iranien ont reconnu qu’un grand nombre de personnes avaient été arrêtées. L’arrestation de 2934 manifestants a été confirmée par des responsables iraniens ou par le biais du réseau de l’OMPI / MEK. Les chiffres réels sont beaucoup plus élevés et pourraient atteindre plusieurs milliers. Un membre du parlement du régime a déclaré que 3700 personnes avaient été arrêtées.

Selon Amnesty International, seulement le 31 décembre 2017 et le 1er janvier 2018, l’entrée de 423 détenus était enregistrée dans la tristement célèbre prison d’Evin à Téhéran.
Amnesty International a averti que les personnes arrêtées au cours des sept derniers jours et détenues dans des prisons connues pour être les endroits de torture et d’autres mauvais traitements, risquent subir de la torture surtout que beaucoup se sont vu refuser l’accès à leur famille et à leurs avocats.

Amnesty International a souligné dans sa déclaration du 4 janvier que «les autorités iraniennes ont des antécédents épouvantables d’arrestations massives arbitraires de manifestants pacifiques. Compte tenu de l’ampleur alarmante de la vague actuelle d’arrestations, il est fort probable que beaucoup de détenus soient des manifestants pacifiques qui ont été détenus arbitrairement et se retrouvent maintenant dans des prisons sous conditions difficiles et où la torture est un outil commun. ”

Le 1er janvier, le chef de la justice Sadegh Larijani a exigé une «approche forte» de la part de «tous les procureurs».
Le 2 janvier, le chef du tribunal révolutionnaire de Téhéran, Mousa Ghazanfar Abadi, a averti que le ministère de l’Intérieur avait déclaré les manifestations illégales et que ceux qui continuaient à manifester seraient passibles de lourdes peines. Il a menacé que les dirigeants et les organisateurs de la protestation puissent être accusés d ‘”hostilité contre Dieu” (moharebeh), qui est passible de la peine de mort, “car ils sont connectés avec des services de renseignement étrangers et mettent en œuvre les ordres de ces derniers.”
Le même jour, le guide suprême de l’Iran, Sayed Ali Khamenei, a accusé les «ennemis» du pays d’avoir provoqué les manifestations.

Le 3 janvier, le ministre iranien des Technologies de l’information et de la communication, Mohammad Javad Azari Jahromi, a déclaré que l’application de messagerie sociale populaire Telegram resterait bloquée à moins qu’elle n’accepte de supprimer le “contenu terroriste”. Le PDG de Telegram a déclaré qu’il avait refusé la demande des autorités de fermer les canaux qui favorisent pacifiquement et soutiennent les manifestations. L’application de médias sociaux Instagram reste également bloquée.
La rhétorique agressive des autorités a été accompagnée par des médias soutenus par l’État qui ont publié une liste de manifestants recherchés avec leurs visages, et ont appelé les membres du public à les identifier et à les signaler aux autorités.

“L’escalade dans l’intimidation des manifestants et les restrictions grossièrement disproportionnées imposées au droit à la liberté d’expression ces derniers jours font craindre que les autorités iraniennes recourent à des tactiques de plus en plus brutales pour écraser les voix dissidentes”, a déclaré Philip Luther d’Amnesty International.

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En solidarité avec les manifestations en Iran, le 6 janvier 2018  les associations humanitaires dont JPLL ont organisé une manifestation à Paris devant l’ambassade du régime Iranien. Voici les photos et une vidéo de cette manifestation.

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